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Prévenir le suicide des enfants

Un garçon de 12 ans qui s’étrangle avec sa ceinture de judo, une fillette diabétique de 9 ans qui se jette par la fenêtre, un autre que l’on retrouve pendu dans sa chambre… En 2009, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 37 enfants et pré-adolescents de 5 à 14 ans se sont donné la mort. Dramatiques, impensables, inexplicables… Ces suicides d’enfants effraient et inquiètent. D’autant plus, selon Boris Cyrulnik, que les moins de 15 ans seraient bien plus nombreux à se donner la mort que ce qu’annoncent les estimations. C’est pourquoi le psychiatre s’est penché sur cette triste réalité et propose dans son dernier ouvrage des pistes pour la prévenir.

Suicide ou accident : des chiffres sous-estimés

Premier tabou pointé du doigt par le psychiatre Boris Cyrulnik dans son rapport au gouvernement Quand un enfant se donne la mort (publié pour le grand public aux éditions Odile Jacob) : les suicides d’enfants sont sous-estimés. Un enfant qui traverse la rue sans faire attention, se penche un peu trop par la fenêtre, flirt avec la mort avec le jeu du foulard… Autant de drames considérés comme des accidents, qui, selon le psychiatre, n’en sont pas. Ainsi, seulement 20% des suicides d’enfants seraient prémédités, alors que les autres, décidés dans l’instant, pourraient simplement faire suite à un conflit ou à une contrariété. Et le psychiatre de développer : « un enfant peut passer à l’acte sans pour autant songer à se tuer. Il ne cherche pas à ne plus être, mais à être autrement. Il faut donc distinguer “se suicider” et “se donner la mort”. »

Pulsion de mort et désir de mort

 En fait, explique Boris Cyrulnik, l’enfant n’a pas la même notion du suicide que l’adulte. Jusqu’à 8 ans, il n’a pas conscience du caractère définitif de la mort. Il pense que ce n’est qu’une absence provisoire, réversible. Et même lorsqu’il grandit, le suicide reste plus le fait d’une impulsion que d’une réflexion. C’est pourquoi la moindre “petite chose” peut pousser l’enfant à l’acte mortel, mais aussi, à l’inverse, l’en préserver. Néanmoins, si le déclencheur de ces drames est parfois minime, les véritables causes du mal-être chez l’enfant sont quant à elles bien réelles et, selon le psychiatre, multifactorielles.


Des enfants délaissés, maltraités

Pour Boris Cyrulnik, l’origine du suicide chez l’enfant est systémique : à la fois biologique, psychologique, mais aussi sociétale. Biologique d’abord : c’est ce qu’il appelle la “génétique du suicide”, expliquant que certains enfants sont de plus petits porteurs en sérotonine (un neurotransmetteur impliqué notamment dans l’anxiété) que d’autres. Résultat, ils sont plus émotifs, plus sensibles (voire borderline). Or, le psychiatre explique que c’est un environnement sensoriel troublé chez le nouveau-né (dépression de la mère à la naissance, problèmes familiaux...) qui est souvent responsable d’un mauvais développement des capteurs de sérotonines. Psychologique : plus de la moitié des enfants suicidaires ont souffert de violences éducatives, telles qu’un abandon (31%), une maltraitance physique (21%), une agression sexuelle (8%) ou un inceste (5%). Et enfin sociétale : pour le psychiatre, c’est un retour au « village social », aujourd’hui disparu, qui pourra sauver certains enfants. Ainsi, en multipliant les attachements possibles (familles, voisins, enseignants…), les enfants trouveront toujours une figure sécurisante à laquelle s’attacher et se raccrocher.

Des mesures pour prévenir le suicide des enfants

 

Fort de tous ces constats, le psychiatre a donc articulé ses propositions autour de trois objectifs principaux : favoriser la stabilité affective des enfants, adapter les rythmes à leur processus d’apprentissage et encourager les structures socialisantes.
En pratique, il propose notamment d’allonger la durée des congés maternités et paternités, afin d’éviter les éventuelles carences sensorielles du nouveau-né. D’améliorer la formation des métiers de la petite enfance, pour que les signaux de mal-être des enfants ne passent plus inaperçus. Il insiste également sur la nécessité de combattre la souffrance à l’école, qui touche plus d’un enfant sur dix. Il propose à ce sujet de retarder la notation, qu’il juge stigmatisante, et de lutter contre le harcèlement scolaire. Enfin, il souligne l’importance des associations de quartiers et des activés sportives, culturelles ou sociales.

Pour conclure, le psychiatre souligne que mieux prendre en charge les souffrances des enfants, c’est aussi et surtout comprendre qu’elles ne sont pas irréversibles : « La “crise suicidaire” est un moment terrifiant et dangereux, affirme-t-il, mais, après la crise, on se remet à vivre. Comme l’espèrent d’ailleurs les petits suicidaires. »

 

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