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Alzheimer : une nouvelle piste dans le traitement de la maladie

Le professeur Etienne-Emile Baulieu a annoncé, mardi 26 janvier, que ses équipes avaient fait une "découverte majeure" dans la recherche d'un traitement et de la prévention de la maladie d'Alzheimer et de plusieurs maladies neurodégénératives du même type. Les travaux du professeur Baulieu et de ses collègues de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont été publiés dans la revue américaine Proceedings of the national academy of sciences (PNAS). Spécialiste des hormones stéroïdes, le professeur Baulieu a mis au point, dans le passé, la pilule anti-progestative RU486 – ou mifépristone – qui permet des avortements médicamenteux.

Si établir un diagnostic précis de la maladie d'Alzheimer reste une tâche compliquée, des indices peuvent aider à l'établir. L'accumulation de plaques dites amyloïdes dans le cerveau et la présence de protéines "tau" sont des marqueurs du développement de la maladie. C'est à ces protéines tau, également associées à d'autres maladies neurodégénératives, que se sont interessés le professeur Baulieu et son équipe. "L'accumulation anormale du peptide tau est le signe de plusieurs maladies neurodégénératives de l'homme, nommées tauopathies", écrivent-ils dans le compte rendu de leurs recherches.

"BUISSONS" DE PROTÉINES TAU

Le professeur Baulieu explique qu'en quantité, ces protéines, "entraînent une insuffisance de fonctionnement des synapses", les connections entre les neurones. Au sein des neurones se forme une sorte de "buisson" de protéines tau qui perturbe l'activité des cellules nerveuses. "On ne sait pas si ce sont ces buissons qui sont en cause ou la forme que prennent ces protéines antérieurement qui provoquent la maladie". Toujours est-il qu'empêcher l'accumulation de la protéine pourrait s'avérer utile pour "prévenir, soigner ou, au minimum, bloquer le développement ultérieur de la maladie".

Les chercheurs se sont penchés sur le cas de la protéine FKBP52, naturellement présente dans l'organisme. Ils ont étudié son action sur des cellules nerveuses. "En les mélangeant, FKBP52 et la protéine tau ont interagi", révèle le professeur Baulieu. "Les protéines FKBP52 diminuent la concentration et l'action de la protéine tau et inhibe la formation de buisson dans les neurones", précise-t-il.

Ces recherches ont notamment été menées sur des cellules nerveuses issues de cerveaux de personnes décédées ayant fait don de leur corps à la science. Mais rien n'a encore été fait sur des animaux vivants ni, a fortiori, chez des humains. Faut-il alors espérer une application médicale de ces recherches ? Le passage des recherches in vitro à d'autres plus poussées, in vivo, n'est pas aisé. Nombreuses sont les recherches fondamentales qui ne se sont jamais traduites par une quelconque avancée. Mais cela n'inquiète pas le professeur Baulieu. "Je suis très confiant ! Nous avons étudié une mécanique fondamentale ; c'est une interaction qui est déjà vraisemblable dans toutes les espèces animales", explique le scientifique, qui dit espérer de "progrès considérables" dans les trois années à venir.

SOURIS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉES

La prochaine étape consistera à tester l'influence de la protéine FKBP52 chez des souris génétiquement modifiées afin de développer une neurodégénéréscence proche d'Alzheimer – il n'existe pas à proprement parler de modèle animal de la maladie. Les efforts ultérieurs porteront sur les moyens de rendre "FKBP52 plus forte face aux protéines tau" en l'associant à des molécules déjà connues qui pourraient décupler sa puissance.

Outre les potentielles applications curatives de ces recherches, le professeur Baulieu espère qu'elles pourraient aider au diagnostic précoce de la maladie. "Statistiquement, les personnes les plus actives et les plus intelligentes sont moins atteintes par ces maladies", souligne le professeur Baulieu. "Néanmoins, des personnes actives et intelligentes sont également malades – Margaret Thatcher, par exemple". L'apparition de la maladie chez elles pourrait être due à un manque de protéines anti-tau, comme les FKBP52. "Il suffirait d'une prise de sang pour dire si une personne est à risque." Avant d'en arriver là, de nombreuses années de recherche seront nécessaires et rien ne prouve que les résultats in vitro seront confirmés chez des êtres vivants. Mais cela n'entache pas l'enthousiasme du professeur, qui "rêve que cette hypothèse soit juste".

Jonathan Parienté

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