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Les Secrets de l'attraction

Traitement du stress

Il convient de différencier le stress aigu, où là, les thérapies classiques s’avèrent efficaces (bêta bloquants, anxiolytiques, etc.) du stress chronique. L’impossibilité de prendre des médicaments à vie et le fait qu’il soit difficilement envisageable de mettre 30 millions de nos concitoyens sous un traitement contre le stress impose de réfléchir à de nouvelles stratégies.

Traitement médicamenteux du stress aigu :

Les traitements médicamenteux doivent essentiellement être destinés à reprendre le contrôle de la situation. Leur indication principale est essentiellement la phase aiguë et, bien sûr, l’urgence.

Il s’agira donc dans un premier temps de « corriger » la phase aiguë du stress grâce à des médicaments mais très rapidement de mettre en place, avec le patient, des stratégies comportementales lui permettant de vivre mieux et de pouvoir, doucement, se passer de cette « béquille » chimique.

Cette phase de sevrage du traitement médicamenteux est très complexe et le fruit de nombreux échecs. Procéder à un arrêt brutal du traitement est illogique et peut même s’avérer dangereux. Il conviendra donc d’envisager le sevrage sur une longue période avec une diminution très progressive et associée à la culture, en parallèle, d’une puissante source de motivation.

Si l’on ne trouvait ni source de motivation, ni source d’engagement, et si on avait le choix entre vivre avec du stress et vivre sans stress avec un traitement, il semblerait préférable de privilégier la deuxième hypothèse tant ce phénomène est destructeur pour notre organisme. Il devrait, en revanche, s’agir là de cas exceptionnels, éventuellement sous-tendus par des pathologies associées, lesquelles devraient être repérées et traitées.

La volonté de privilégier des traitements à court terme s’explique par le fait que les médicaments agissent eux aussi par le biais de récepteurs qui à long terme augmenteraient en nombre et perdraient de leur sensibilité. Il faudrait donc augmenter les doses pour obtenir un effet identique ce qui reviendrait à majorer les effets secondaires sans pour autant renforcer les effets recherchés.

Lorsque le traitement du stress au long cours est abordé, il ne comprend pas le traitement des troubles du sommeil ayant des origines autres que le stress.

Les médicaments qui agissent à différents niveaux sur le stress lorsque celui-ci nécessite une thérapie chimique sont groupés en plusieurs grandes familles : les bêta-bloquants, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les neuroleptiques.

Les bêta-bloquants :

Comme leur nom l’indique, ces médicaments agissent au niveau des récepteurs « bêta » répartis dans notre organisme. On a vu que le stress entraînait la libération d’adrénaline et de noradrénaline. Ici, leur action est rendue moindre puisque certains récepteurs « bêta » seront rendus inopérants par le médicament. Il existe deux grands groupes de bêta-bloquants, ceux qui agissent essentiellement sur les récepteurs « bêta » de notre cœur, les « cardio-sélectifs » et ceux qui agissent sur l’ensemble des récepteurs « bêta » de notre organisme. Les bêta-bloquants « cardio-sélectifs » relèvent du domaine de la cardiologie. Les autres sont en revanche plus couramment utilisés dans le traitement du stress.

Il existe trois types de récepteurs bêta, les plus classiques sont les récepteurs « bêta 1 » et « bêta 2 ». Les molécules dites « cardio-sélectives » agissent essentiellement sur les récepteurs « bêta 1 », les autres sur les récepteurs « bêta 1 » et « bêta 2 ». Mais la frontière n’est, bien sûr, jamais absolue.

La caractéristique des bêta-bloquants, surtout s’ils ne sont pas « cardio-sélectifs », réside dans le fait qu’ils vont agir sur des récepteurs « bêta » répartis sur l’ensemble de notre organisme, y compris ceux des bronches, pouvant ainsi, dans de très rares cas, provoquer leur resserrement. Ce n’est bien sûr pas systématique. Toutes les personnes qui prennent des bêta-bloquants ne font pas de crise d’asthme dans la foulée. Les effets secondaires des médicaments sont par définition rarissimes mais on s’abstiendra de les prescrire chez des patients sujets à l’asthme. Les bêta-bloquants ont pour autre effet d’agir sur la conduction cardiaque, c'est-à-dire sur la transmission de l’influx nerveux de notre cœur, entre les oreillettes et les ventricules. De ce fait, ils ne devront pas, d’une manière générale, être prescrits chez des patients présentant une déficience à ce niveau.

Leur grand intérêt est de gommer une partie des effets du stress sans pour autant avoir d’effets vraiment sédatifs. Lorsque leur prescription relève de la lutte contre le stress, ils sont souvent prescrits à posologie basse présentant ainsi l’avantage de diminuer la probabilité de voir apparaître des effets secondaires.

Les anxiolytiques :

Ils agissent sur les récepteurs « gaba », récepteurs non encore évoqués à ce stade. Le « gaba » (Acide Gamma Amino Butyrique) est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il a donc une influence apaisante sur le cerveau. Or, les anxiolytiques font partie des substances qui viennent se fixer sur les récepteurs « gaba », potentialisant alors son action D’autres substances agissent de la même manière sur ce récepteur. Il s’agit notamment des barbituriques et de l’alcool, ce qui explique leurs effets anxiolytiques. C’est aussi ce qui explique que la consommation d’alcool est déconseillé pendant la prise d’anxiolytiques car elle potentialise leur action en se fixant, sur un site différent, mais du même récepteur « gaba ».

La famille des anxiolytiques, la plus utilisée actuellement, est celle des « benzodiazépines ». Les molécules sont très nombreuses, avec des pouvoirs anxiolytiques plus ou moins isolés ou au contraire associés à des effets hypnotiques. Un autre élément différencie ces molécules et tient à leur demi-vie (temps nécessaire pour que la concentration du médicament dans le sang diminue de moitié), certaines ayant une demi-vie relativement courte de l’ordre d’une douzaine d’heures, d’autres plus longue de l’ordre de quatre vingt heures. En fonction du type de troubles, de leur moment de survenue, le praticien recourra à des molécules anxiolytiques plus ou moins hypnotiques et de demi-vie plus ou moins longue.

Les deux problèmes majeurs attachés aux benzodiazépines sont la dépendance et l’accoutumance.

La dépendance est la difficulté à arrêter la prise de la molécule en raison de la survenue d’une sensation de manque. L’accoutumance est le besoin d’augmenter la dose pour obtenir l’effet initialement atteint.

Il semblerait que la dépendance provienne de l’adaptation des récepteurs « gaba », adaptation qui irait dans le sens d’une augmentation de leur nombre sous l’effet de la stimulation continue par les benzodiazépines, certains passant au repos si bien que le pourcentage de récepteurs stimulés chuterait. Par contre lors de l’arrêt du traitement, le nombre de récepteurs gaba serait tel que l’état de manque se ferait vivement sentir.

Quant à l’accoutumance, elle résulterait, en majeure partie, de la perte de « sensibilité » des récepteurs gaba et nécessiterait de ce fait une augmentation de la posologie pour obtenir un effet identique.

Ceci posé, il est évident que, dans des phases aiguës, le recours à ces molécules est indispensable et d’une très grande utilité.

Comme pour tout médicament, il serait absurde, à la vue des effets secondaires, d’oublier l’intérêt premier. En outre, tout médicament actif a des effets secondaires.

A la vue des phénomènes qui conduisent à la dépendance, on comprend pourquoi l’arrêt brutal d’un traitement pris au long cours serait dangereux et n’est absolument pas à envisager sans un avis spécialisé.

Enfin, il est important de noter que l’ajout de ces médicaments aux thérapies spécifiques lors des traitements de pathologies liées au stress est parfois indispensable pour optimiser les résultats.

Enfin, certains anxiolytiques comme, par exemple le diazépam, semblent particulièrement actifs contre l’effet immunosuppresseur du stress.

Les antidépresseurs :

Leur indication est limitée aux cas où le stress agit comme le révélateur d’une dépression sous jacente. Il conviendra donc ici, de traiter la dépression qui constitue la cause et pas seulement son mode d’expression qui est le stress. Ils ne seront donc abordés ici que de manière succincte.

Il existe plusieurs familles de médicaments antidépresseurs, classées selon leur mode d’action.

Les deux plus grandes familles sont les « inhibiteurs de la recapture » et les « inhibiteurs de la Mono Amine Oxydase ».

Les inhibiteurs de la recapture augmentent la concentration des neuromédiateurs présents dans la fente synaptique en évitant que ceux-ci soient « recaptés » par la fibre présynaptique pour qu’ils passent ainsi en plus grande quantité au niveau de la fibre postsynaptique. Ces molécules peuvent concerner la « recapture » d’un seul, de deux ou de trois neuromédiateurs.

Les « inhibiteurs de la Mono Amine Oxydase » empêchent la destruction des neuromédiateurs par une enzyme, la Mono Amine Oxydase. Comme le neuromédiateur est moins détruit, il passera en plus grande quantité au niveau de la fibre post synaptique. Cette variété d’inhibiteurs est couramment désignée par ses initiales (I.M.A.O.).

  • Petit rappel sur la transmission d’un neuromédiateur, par exemple la noradrénaline.
    Une fibre nerveuse, pour transmettre une information à une autre fibre nerveuse, utilise un neuromédiateur. Le lieu de la transmission, entre les deux fibres, se dénomme synapse. Le neuromédiateur est libéré par la fibre initiale, appelée pré-synaptique et va aller au contact des récepteurs de la fibre suivante. Là, déjà, quelques principes importants doivent être pris en compte.
    La majeure partie du neuromédiateur n’est pas utilisée et va être « recaptée » par la fibre initiale ou détruite par une enzyme.

Si, par le biais de médicaments, on augmente de manière prolongée la concentration d’un ou plusieurs neuromédiateurs dans l’espace synaptique, les récepteurs de la fibre réceptrice auront tendance à diminuer leur sensibilité et à augmenter leur nombre, venant en quelque sorte contribuer à réguler l’hyperstimulation. En effet, l’augmentation du nombre des récepteurs permet à certains d’être au repos, si bien que le degré de stimulation diminue. Cette régulation n’est bien sûr que partielle.

Les neuroleptiques :

Ce ne sont pas, par définition, les molécules types de la lutte contre le stress. Je les cite toutefois en raison du puissant effet anxiolytique de certaines familles de ces médicaments et en raison de leur efficience sur les troubles de l’immunité générés par des agressions d’ordre psychique. Dans le cas du traitement du stress, le recours à ces médicaments ne peut concerner que des troubles majeurs, réagissant mal aux anxiolytiques, et à des posologies infimes, introduites sur des durées très brèves.

Traitements non médicamenteux du stress aigu :

On regroupera ici les règles hygiéno-diététiques et la culture de la motivation.

Les règles hygiéno-diététiques :

Consommer l’énergie :

L’expression « consommer l’énergie » n’est pas très juste mais illustre bien la nécessité, pour éviter la toxicité du stress, de « consommer » les substances dont il induit la libération.

On l’a vu, le stress aigu, est d’autant moins toxique qu’il s’accompagne d’une dépense d’énergie qui permet de « consommer » les molécules sécrétées.

Il est donc impératif de trouver les moyens de consommer l’excès de substances sécrétées pour éviter leur toxicité.

Si durant la journée de travail, on est victime d’un stress d’origine psychique et si on rentre à son domicile en voiture ou en transport en commun, les molécules ainsi libérées ne sont pas consommées et exercent leur toxicité. Si on a une activité physique modérée pour rentrer chez soi, on consomme une partie des molécules sécrétées en excès et on annihile une grande partie de la toxicité du stress. Faire quelques kilomètres à pied, par exemple, est parfaitement adapté.

Equilibrer les apports :

On a vu que le stress favorise la sécrétion de cortisol et d’aldostérone, molécules qui, l’une comme l’autre, entraînent une rétention de sel et donc d’eau par nécessité d’équilibrer les concentrations. Une alimentation peu riche en sel serait donc logiquement préférable. Attention, il ne s’agit pas de ne plus consommer de sel car cela induirait d’autres problèmes.

De même, le cortisol tend à provoquer une augmentation du taux de sucre dans le sang. Une alimentation peu riche en sucres serait donc également indiquée.

Il est aussi conseillé d’éviter d’accumuler des activités qui provoquent des déséquilibres identiques. On a vu par exemple que le stress chronique et le sport de haut niveau provoquent des dérèglements neuro-hormonaux identiques. Une activité physique très intense chez un patient victime d’un stress majeur au travail n’est pas forcément la meilleure association possible.

De même, les rayonnements solaires, le tabac, la pollution favorisent la formation de radicaux libres. Il en est de même pour le stress. Il n’est donc pas très logique, qu’une personne victime de stress d’ordre psychique, s’expose de manière intense au soleil, fume...

Un patient victime de tels stress aurait même intérêt à recourir, de manière modérée, à des substances qui ont une action antioxydante telles que la vitamine E (huile d’olive), la vitamine C (fruits et légumes frais), les caroténoïdes (carottes, melons, tomates), les polyphénols (thé vert, soja), les oméga-3, le ginkgo biloba, la papaye fermentée, les myrtilles, etc.

  • Le 29 juin 2007, sur le site I.M.A.G.E. (Institut Médical Anti Age et Esthétique), le docteur Elisabeth Levesque précise l’influence du stress dans la formation de radicaux libres.
    « Sous l’influence du soleil, du tabac, du stress, de la pollution, ou d’une alimentation déséquilibrée, nos cellules s’abîment et se rouillent. Ce phénomène bien connu aujourd’hui sous le nom de stress oxydatif serait la principale cause du vieillissement et de l’apparition de plus de deux cents pathologies allant de l’artériosclérose au cancer en passant par le diabète et les maladies inflammatoires ».

En résumé, de la marche, du bon sens (éviter les coups de soleil, le tabac) et une alimentation peu riche en sels et en sucres mais suffisamment variée pour contenir des sources naturelles d’antioxydants, permettraient de diminuer considérablement la toxicité du stress.

La culture de la motivation :

Christian Lemoine, le Président fondateur du CRECI (Centre de Recherche et d’Études sur la Communication Industrielle) disait dans ses conférences, « un homme qui est en route vers un projet qui le passionne est invulnérable à l’accident et à la maladie ».

Et, à la caricature près, à quelques nuances près, il avait raison !

Lorsque l’on tend vers un objectif qui nous passionne, notre motivation augmente. Dans ce cas, divers neuromédiateurs dont la dopamine vont intervenir au niveau de notre cerveau. La dopamine est bien l'hormone clé de la motivation. En effet, si chez un animal, on bloque les récepteurs à dopamine, l'animal se laisse mourir de faim et de soif car il n'a plus la motivation nécessaire pour s'alimenter et s'hydrater.

La dopamine, hormone du plaisir, est donc bien à l’origine de la motivation.

Et, lorsque l’on éprouve du plaisir, on corrige une grande partie des effets toxiques du stress !

Qu’elle soit induite par un engagement dans une action que l’on considère d’une grande utilité ou par un management respectueux de l’être humain au niveau de l’entreprise, la motivation est donc bien l’un des moyens d’éviter la toxicité du stress.

L’engagement et/ou un management qui considérerait que « le véritable capital de l’entreprise, c’est l’Homme », produiraient donc des effets très intéressants.

Douze clés pour aider au développement de la motivation :

1°) Partager la vision et la stratégie et fixer des objectifs à court, moyen et long terme pour diminuer la pression d'enjeu :

Les collaborateurs qui connaissent la vision et la stratégie de l’entreprise et qui bénéficient d'objectifs opérationnels précis sont plus sereins dans leur travail.

Il est, à ce niveau, important de préciser l'intérêt de travailler sur le sens : ne pas se contenter de

simples objectifs attribués aux collaborateurs mais faire le lien entre ces objectifs et la stratégie de l’entreprise, les défis qu’elle entend relever.

La présentation d’un objectif global, d'apparence élevé, peut être sources de tensions. L'élaboration d’objectifs intermédiaires permet d’éviter la pression d’enjeu.

L’intérêt de fixer deux objectifs intermédiaires contribue à prouver à la personne qu’elle va dans la bonne direction, et qu’elle se rapproche ainsi de plus en plus de l’objectif fixé.

C’est aussi une manière d’étalonner le temps dont on sait qu’il constitue une donnée essentielle pour atteindre le but que l’on s’est fixé. La précipitation, l’impatience ou l’absence d’intégration du facteur temps augmentent les risques d’erreurs et favorisent le découragement.

La pression d'enjeu est source de stress mais pas de succès. Il est important de la relativiser. La belle phrase du Maréchal Lyautey "lorsque la vie des hommes est en jeu, il faut en faire un jeu pour qu'ils oublient l'enjeu" prend ici tout son sens.

2°) Préciser le rôle de chacun :

« Pour que le travail se passe bien, le salarié doit surmonter deux difficultés : se débrouiller face à ce que la prescription n’a pas prévu et défendre son travail face à l’impatience de ceux qui n’en ont pas l’expérience (hiérarchie, clients ou collègues) » Philippe Davezies, Professeur de médecine du Travail à Lyon.

Il est fréquent d'entendre des salariés se plaindre de la difficulté de leur poste par rapport à l'activité de leurs collègues. C'est une réaction humaine qu'il faut à tout prix canaliser.

Cela peut se faire en diffusant les organigrammes et en donnant accès à l’ensemble des référentiels emplois.

Il est aussi essentiel de permettre aux salariés de faire part de leurs remarques et de les inciter à formuler des propositions sensées améliorer leur situation.

3°) Cultiver le lien social :

Cultiver le lien social, cultiver la solidarité entre les salariés, augmente le bien-être. De nombreuses études montrent l'intérêt du lien social lorsque le niveau de stress est important.

  • Selon un article paru sur le site de « Radio Canada », le 8 décembre 2009, des expériences menées par des chercheurs américains des Universités de Chicago et Yale ont permis d’établir que l’isolement social et le stress vécu par des rats rendent le cancer du sein à la fois plus probable et agressif. Selon ces chercheurs, les données de ces expériences pourraient être transposées aux humains…
  • Dans un précédent article, on montrait que les femmes qui avaient beaucoup de stress et un faible niveau de soutien social durant leurs grossesse avaient plus de chance de connaître un travail prématuré ou une éclampsie.

Le lien social dans l'entreprise peut être cultivé par les outils de communication interne. Cela peut passer aussi par le fait de faciliter l'implication des salariés dans des projets de solidarité extérieurs soutenus par l’entreprise. Il peut s'agir aussi de l'organisation de temps de pause sous forme de séminaires d’équipe.

Il convient ainsi, dans ce paragraphe, d'insister sur le rôle des assistantes sociales qui sont souvent les principales actrices à avoir connaissances des difficultés réelles et de l'isolement de certains salariés.

4°) Améliorer le cadre de vie et développer des services :

Un salarié sera d’autant mieux au travail qu’il se sentira reconnu en travaillant dans une atmosphère agréable et capable de gérer les soucis indirectement liées au travail : garde des enfants, taches familiales...

Cela passe par le fait de travailler à l’ergonomie du poste de travail – afin d'éviter notamment l'émergence des TMS - et plus généralement au cadre de vie : lumière, température, niveau sonore…

Cela passe aussi par la création d'espace de convivialité, par l'installation d'un service de conciergerie...

Cela passe encore par l'adaptation des horaires des salariés lorsque c'est possible notamment pour ceux ayant des enfants en bas âge…

Enfin, l'organisation du covoiturage peut aller dans cette même direction tout comme la mise en place, autant que faire se peut, du télétravail…

5°) Optimiser les performances de chacun et mobiliser l’énergie collective :

La formation, en améliorant l’employabilité, est un élément de valorisation et de bien être.

Une des principales motivations des salariés est de continuer à s’épanouir dans leur poste.

Il est donc essentiel de connaître et de prendre en compte les souhaits d’évolution de chacun des salariés, ce qui va de paire avec l'identification des potentiels et la formation de chacun en fonction des souhaits et des opportunités des entreprises.

L'accompagnement peut être un levier important qui aide le salarié à construire son parcours professionnel et à parfois trouver ou mieux utiliser les leviers de performance qui sont en lui. C'est aussi l'accompagnement qui peut aider le collaborateur à passer en mode actif plutôt qu'à subir, or l'action est protectrice du stress.

6°) Donner au management intermédiaire les moyens de jouer son rôle régulateur :

S'il est un domaine qui justifie de réaffirmer le rôle majeur du management de proximité, c'est bien celui de la qualité de vie au travail.

Toutefois, si reconnaître le rôle majeur du management de proximité est un premier pas déterminant, il en faut pas se contenter de simples injonctions qui ne feraient qu’aggraver la situation en accroissant le faisceau des injonctions paradoxales. La question des moyens dévolus au management de proximité pour allier performance durable et qualité de vie au travail doit être clairement posée.

7°) Laisser de la liberté d'action :

La liberté d’action ou tout au moins une part de cette liberté semble indispensable au bien-être du salarié. On peut parfois être tenté de penser que plus on réduit cette liberté, plus le travail sera réalisé selon des critères optimaux et plus il sera efficace. Il n’en est rien car, à ce moment là, il devient source d’une souffrance morale. L’habileté semblerait résulter dans le fait de fixer un cadre à l’exercice de l’activité et de laisser le salarié habiller son cadre comme cela lui semble le plus efficace. Paul Ricoeur n’assimile t-il pas la souffrance à « l’amputation du pouvoir d’agir » ?

Le pouvoir d’agir est extrêmement protecteur et on peut l’illustrer par une situation concrète. Dans un véhicule, la personne la plus stressée n’est pas celle qui conduit mais celle qui est à côté du conducteur, qui elle n’a pas le pouvoir d’agir. C’est ainsi que les torticolis secondaires aux longs déplacements en voiture, correspondant le plus souvent à une contracture des muscles para vertébraux cervicaux sous l’influence d’une stimulation de leurs récepteurs au stress, sont toujours plus violents chez le passager que chez le conducteur.

Cette influence du pouvoir d’agir sur le bien être est également vraie chez l’animal. On s’est aperçu que si l’on met des rats dans une cage où ils vont pouvoir, par leur action, éviter une décharge électrique, leur état de santé sera préservé. A l’inverse, si quoi qu’ils fassent, ils n’ont pas la possibilité d’échapper aux décharges électriques, très vite, ils se laissent mourir. Au niveau de leur cerveau, une enzyme, nécessaire à la production d’un neuromédiateur, n’est plus synthétisée entraînant la chute du taux du neuromédiateur en question et de ce fait un état dépressif majeur. On pourrait presque en conclure que le « pouvoir d’agir » est une des composantes de l’élan vital.

8°) Montrer l'utilité de son activité :

On se rend compte que le travail d’une personne peut rimer avec bien être s’il est utile à ses collègues. On ne doit donc pas travailler simplement pour réaliser la mission demandée mais parce que la réalisation de celle-ci influe sur la qualité du travail de ses collègues. Une aide soignante, dans un hôpital, allant prévenir l’interne que tel patient débute au niveau du dos une réaction cutanée, ne vivra pas son travail de la même manière que si elle se contentait de faire la toilette du patient. Dans un document intitulé « Travail et Santé », Philippe Davezies apporte une justification médicale à cet aspect : « la perception de l’activité d’autrui active, dans le cerveau, des réseaux de neurones qui réagissent à cette activité de la même façon que s’il s’agissait de la propre activité du sujet sur cet objet ». En une phrase, si on facilite l’activité de son collègue grâce à son propre travail, on en retire une satisfaction.

Une autre condition du bien-être au travail repose sur le fait que le celui-ci soit utile à autrui et d’une manière plus générale à la société. Cette dualité entre intérêt personnel et intérêt général était explicité par Henri Bergson : « le pur intérêt personnel est devenu à peu près indéfinissable, tant il y entre d’intérêt général, tant il est difficile de les isoler l’un de l’autre ».

On trouve également cette dualité entre intérêt personnel et intérêt général, sous une forme proche chez Emile Durkheim dans « Le dualisme de la nature humaine et ses conditions sociales ».

Si l’on prend deux groupes d’employés qui ne disposent pas du temps nécessaire pour accomplir leur mission, le groupe qui essayera coûte que coût de mener à bien sa mission sera moins atteint sur le plan de sa santé que le groupe qui, considérant les conditions inacceptables, accepte l’idée de bâcler son activité car dans ce cas, il prend conscience que son action est pratiquement inutile pour autrui et donc pour la société.

On peut penser, dans le même ordre d’idées, qu’une activité professionnelle responsable sur le plan environnemental sera plus bénéfique pour la santé du salarié que si celui-ci sait que les répercussions de son travail sont catastrophiques pour la planète. L’engagement éthique d’une entreprise présente donc, en plus des bienfaits inhérents à la responsabilité économique, sociale et environnementale, des impacts intéressants sur le bien-être de ses salariés.

9°) Travailler en équipe sur le lien entre qualité de vie au travail et performance durable :

Travailler à la qualité des conditions de travail ne va pas à l’encontre de la performance économique et sociale de l’entreprise, bien au contraire.

On a longtemps déclaré que le stress était utile à la performance. Or les récents travaux du professeur Eric Gosselin viennent rétablir les choses.

  • Dans le cadre des grandes conférences publiques de l’UQO, le Professeur Eric Gosselin, professeur de psychologie du travail au Département de relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais, chercheur à IRSP/GAP-Santé, a abordé, mercredi 18 février 2009, le lien entre le stress et la performance.

  • Il s’appuie pour cela sur une analyse portant sur 52 études, menées entre 1980 et 2006, portant sur la relation entre le stress et performance (1980-2006)

  • De cette analyse, il ressort que 75% (39/52) des études confirment une relation inversement proportionnelle entre le stress et la performance, c’est-à-dire que plus le stress augmente, plus la performance diminue.

  • Dans 15% (8/52) des cas, les études n’observent aucune relation entre le stress et la performance.

  • Dans seulement 10% (5/52) des cas, les études identifient une relation curvilinéaire entre le stress et la performance, Il s’avère donc que ce qui est affirmé depuis des années n’est vrai que dans 10% des cas. En revanche, on constate que le stress altère d’autant plus la performance qu’il est élevé, dans 75% des cas.

Parallèlement, une étude menée par une équipe sino-américaine a montré que le fait de gagner en sérénité permet de gagner en efficience intellectuelle.

  • Sur le site de « Futura-Sciences », le 10 octobre, un article de Jean Etienne aborde, suite à une étude menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Dalian (Chine) et d’Orégon (Etats-Unis), l’influence entre le niveau de stress et la performance intellectuelle. Il s’avère que lorsqu’on diminue le niveau de stress d’étudiants – par la méditation dans le cas de l’étude – on «améliore le rendement émotif et cognitif » de ceux-ci. On a aussi montré que, dans cette même situation, chez ces étudiants, « la prédisposition à la fatigue et à la colère, ainsi qu’à l’inquiétude et à la dépression » diminue.

10°) Cultiver le respect et la considération :

Le respect et la considération, antithèses du mépris, sont de puissants leviers de bien-être. On ne peut pas cultiver la moindre once de motivation chez une personne si on ne la respecte pas, si on ne la considère pas. La considération et le fait de l’exprimer de manière franche constituent des clés majeures de la motivation.

Dans entreprise, la considération est gage de cohésion et le lien de corrélation est proportionnel.

Mais ce qui se vérifie au sein de l’entreprise est en fait transposable et vrai dans tous les domaines. Nous connaissons tous des professeurs formidables qui permettent à des jeunes de réussir leur scolarité parce qu’ils savent trouver les mots justes, proférer les encouragements au bon moment et leur porter l’attention nécessaire. L’élève se sent alors considéré, existe et se montre prêt à fournir les efforts nécessaires à l’amélioration de ses résultats scolaires.

11°) : Encourager ses collaborateurs et adopter un comportement équilibré :

Pour développer la motivation, il faut encourager encore et toujours, y compris une personne qui traverse une période difficile.

Dans ce cas, la difficulté est plus grande. Il va alors falloir s’attacher à repérer, au milieu d’une accumulation d’échecs, un élément moins négatif, voire positif, si possible. Il convient alors de se concentrer sur cet élément et observer sa moindre progression car aussi infime soit elle, c’est cette progression qui mise en avant avec insistance, permettra d’amorcer une nouvelle dynamique, positive. Il s’agit d’obtenir une sorte de contagion des petits succès qui diffuseront progressivement vers les secteurs les plus en difficulté au départ. Cette technique s’avère assez efficace pour les personnes qui éprouvent des difficultés à reprendre une activité professionnelle. Il faut en effet absolument éviter, dès le départ, d’insister sur le fait que leur capacité de travail est effondrée, que cela est catastrophique, et qu’ils s’enfoncent de jour en jour dans l’échec. Conduire quelqu’un à la réussite, en le motivant impose d’apprendre à parfois se satisfaire de peu, au départ. C’est à ce prix que demain, l’entreprise sera, non plus forte de la compétence de ses cadres, mais solide en raison des synergies que ceux-ci auront su créer avec l’ensemble de leurs collaborateurs.

Nous l’avons vu, il faut savoir insister sur les points forts et passer sous silence les points faibles. Cela ne signifie absolument pas qu’il faille tout accepter et ne jamais sanctionner. Quelqu’un qui progresse et qui fait des efforts peut faire une erreur. Il faut alors le lui dire avec habileté, sans agressivité, simplement pour que demain, il soit encore meilleur.

Quelqu’un qui ne progresse pas et qui fait faute sur faute doit être sanctionné, sinon c’est l’ensemble de l’équipe qui se démobilisera.

Passer sous silence les points faibles peut paraître évident mais n’est pas facile à une époque où l’on imagine que la performance vient de la réduction voire de l’absence d’erreur. Cela est vrai à l’échelle de la mécanique mais faux au niveau de l’espèce humaine.

La performance mécanique est en grande partie la résultante des solutions apportées aux dysfonctionnements, au fur et à mesure où ils se produisent.

La « performance humaine » n’obéit pas aux mêmes règles. Or, on a parfois pensé que la transposition était possible et qu’elle était la clé du succès.

D’ailleurs, sur le site canadien, “PasseportSanté.net”, on peut lire que « des études ont indiqué que les encouragements au travail ont un effet protecteur contre les troubles psychiatriques. À l’inverse, une absence de soutien augmenterait de 31 % et de 43 % respectivement le niveau de stress et d’anxiété chez les hommes et les femmes ».

Les références des études en question : Stansfeld SA, Fuhrer R, Head J, Ferrie J, Shipley M, Work and psychiatric disorder in the Whitehall II Study, Journal of psychosomatic research, juillet 1997, Vol. 43, No 1, 73-81.

S'il est un état d'esprit qui va bien avec les encouragements et l'adoption d'un comportement équilibré, c'est bien l'optimisme. Cette tendance à prendre les choses du bon côté pour déboucher sur une sorte de « contagion de l’optimisme » est indispensable aux individus et à notre société, actuellement plutôt portés au pessimisme. Une attitude résolument optimiste est en fait indispensable pour avoir confiance en l’avenir et pour donner l’envie d’aller vers un futur meilleur. Car, l’un des éléments moteurs de la motivation est bien la conviction d’aller vers un avenir encore plus souriant que le temps présent. D’aucun pourrait être tenté de prétendre qu’il y a subterfuge car on argumente sur des éléments hautement hypothétiques. Ce qui est certain, c’est que tous ceux qui ont marqué notre temps ont fait preuve d’un optimisme exceptionnel.

Un grand savant faisait récemment remarquer que « nous avons un devoir d’optimisme ». Il sait pertinemment que seul l’optimisme peut permettre à une personne de mobiliser l’énergie nécessaire pour aller vers une réussite inaccessible autrement. Or, autant il est facile de se laisser glisser vers le pessimisme, autant l’optimisme est une conquête. Et l’on a parfois besoin d’être encouragé à … conquérir. Le philosophe Alain résumait cette tendance en une phrase : « Le pessimisme est d'humeur; l'optimisme est de volonté ». Nous ne pouvons que souscrire à la formule. L’optimisme aide à transformer les soucis en défis. Le fondateur d’une grande agence de communication me rapportait un jour, « il ne faut pas voir un projet tel qu’il est mais tel qu’on voudrait qu’il soit ». Belle formulation !

Et pour en revenir au stress, on retrouve là encore le parallèle entre la nécessité de la motivation et la lutte contre le stress. En effet, les docteurs Pierre et Henri Lôo, dans leur ouvrage, « Le stress permanent » observent que la personnalité optimiste « intervient comme appoint correcteur du stress ». Ces deux psychiatres martèlent le message : « les pessimistes ont toujours raison -peut être dans la mesure où ils contribuent au malheur ! Aucune certitude n’est absolue, l’intelligence se doit d’être dubitative. Contre l’évidence, contre sa propre conviction, être rassurant est une attitude thérapeutique et une éthique humaniste ».

12°) Cultiver l'engagement dans une cause d'intérêt général :

Se sentir utile à une cause d’intérêt général est indéniablement bénéfique pour la santé. Mais, finalement, n’est ce pas l’idée que traduisait Hans Selye en parlant d’ « altruisme égoïste » ? Ce chercheur dont les travaux font référence dans le domaine de la recherche appliquée au stress expliquait clairement que « l’altruisme égoïste » était l’un des éléments efficaces permettant de contrer la toxicité du stress. Stefan Einhorn, professeur de cancérologie en Suède, enfonce le clou dans son ouvrage « L’Art d’être bon ». Partant de l’observation de ses patients, il démontre que la gentillesse et l’empathie réduisent le stress. Il a en effet pu observer que faire une bonne action active la zone du plaisir dans notre cerveau, entrainant ainsi une libération hormonale qui va agir positivement sur notre organisme et sur notre moral. Inspiré par cette idée que lorsqu’on s’engage en faveur du bien commun, lorsqu’on fait preuve d’altruisme ou de générosité, on en retire un bénéfice pour notre santé, l’association canadienne pour la santé mentale a imaginé un concept original, baptisé le « coffre à outil du bonheur ». Parmi les « dix conseils pour prendre soin de sa santé mentale », un item est intitulé « faites du bénévolat ».

Actuellement, dans le domaine de l’entreprise, nous assistons à mouvement assez profond en faveur de l’exercice d’une forme de responsabilité sociétale, excédant la sphère naturelle des seules affaires économiques. Cette tendance correspond en effet à l’idée qu’à côté de leurs enjeux économiques, les entreprises ont aussi un impact plus large sur la société. C’est ainsi que nombre de grands groupes disposent ou créent des Fondations chargées de soutenir des projets d’intérêt général. Ces projets sont sensés établir des liens entre l’entreprise et la société civile, incarnée le plus souvent par le fait associatif. Mais au-delà de cette contribution à l’intérêt général dont la prise en charge élargit sans cesse le cercle des contributeurs depuis la fin de l’Etat Providence, certaines entreprises montrent encore plus d’audace et cherchent à susciter la participation de leurs salariés à des causes mobilisatrices et porteuses de sens. Elles y voient une raison d’épanouissement et de cohésion forte, propice à l’établissement d’une ambiance plus sereine. A titre d’exemples, les fondations du Club Méditerranée et de la RATP concourent très directement, par leur mode d’action, à diminuer la toxicité du stress…et tout le monde y gagne : le salarié, l’entreprise et la cause bénéficiaire du soutien. Il est à noter que même les Petites et Moyennes Entreprises proposent de plus en plus à leurs salariés de participer des projets à caractère humanitaire ou social. J’en connais des pionnières qui n’hésitent pas à intégrer ces missions dans la politique managériale de l’entreprise. En France, nous n’en sommes qu’aux prémices de la sollicitation de ce type de leviers permettant d’améliorer l’ambiance de travail. Il y a ici un gisement de ressources encore inexploitées qui, pourtant, ne demande qu’à révéler son chant profond.

Toutefois, pour motiver un collaborateur, il ne suffit pas de lui dire qu’il est en route vers un avenir meilleur, encore faut-il l’en convaincre.

Il est pour cela utile de faire appel à des liens logiques forts dans son argumentaire. Dire à une personne timide, « vous allez réussir car le fait d’être timide n’empêche pas l’intelligence et le courage», est insuffisant pour la convaincre car le lien logique entre l’affirmation « vous allez réussir » et l’argument « la timidité n’altère ni l’intelligence, ni le courage » n’est pas d’une très puissante évidence. Cette personne est parfaitement consciente d’avoir une forme d’intelligence et d’être courageuse mais, elle sait surtout qu’elle est paralysée par sa timidité.

A l’inverse, si l’argumentaire reposant sur le fait que les concurrents sont moins bien placés car l’entreprise bénéficie d’un meilleur esprit d’équipe qui permettra, le moment venu, de mobiliser d’avantage les énergies, est beaucoup plus crédible.

Une autre technique utile pour convaincre repose sur des tournures de phrase qui emprunte une formulation positive. Cette règle s’avère d’une redoutable efficacité, tant chez le collégien que chez l’adulte.

Si l’on dit à un collégien, « tes résultats ne sont pas mauvais », on le démobilise car il sera marqué par les éléments négatifs de la phrase. Si l’on dit à un collaborateur « l’entreprise se développe très vite si bien que je vais bientôt changer de poste, j’aimerais que tu me remplaces car tu es celui qui connaît le mieux le sujet », on est plus efficace que si on lui assène : « je vais devoir abandonner mon poste et tu pourrais me succéder. Après tout ce n’est pas si difficile et puis, tu as souvent été à mes côtés, tu en connais toutes les misères ».

Enfin, cette méthode s’appuyant sur des formulations positives gagne considérablement en efficacité lorsqu’elle s’accompagne d’un effort destiné à se situer sur le même canal de communication que son interlocuteur. C’est le principe de la programmation neurolinguistique. En repérant les mouvements oculaires ou le profil des mots utilisés par la personne que l’on a en face de soi, il est possible de trouver son canal de communication. En se situant sur ce même canal, le message passe mieux.

Et malgré ces quelques leviers susceptibles d'aider à développer la motivation, il ya un autre point sur lequel il convient d'insister : on ne peut pas se motiver seul…

Lorsque chacun regarde sa propre expérience ou s’intéresse au parcours des personnes d’exception, on prend aisément conscience que nul ne réussit seul. Il y a une constante qui veut qu’une autre personne soit presque toujours à l’origine de cette réussite car elle a su trouver les ressorts que l’être humain a en lui. C’est un regard que ce « bienfaiteur » qui parfois s’ignore pose au moment déterminant, un conseil qui ouvre une perspective riche de promesses nouvelles, les mots qui apportent la sérénité dans une période charnière... On peut alors s’apercevoir que, parfois sans le savoir, la personne à l’origine de cette aide a spontanément appliqué les règles qui permettent de développer sa motivation. Cette personne peut être un membre de la famille mais, le plus souvent, le soutien émane de l’extérieur. Combien de personnes ont alors réussi, parfois à un très haut niveau, suite à la rencontre d’une personne déterminante qui a su trouver les clefs permettant à un enfant en difficulté, à un adolescent en proie au mal-être, à un étudiant inquiet de son avenir ou à un sportif doutant de ses qualités,...de donner le meilleur de soi-même ? Il y a matière ici à explorer, à l’échelle collective, de nouvelles pistes pour construire un avenir où chacun aurait sa chance.

Sur le site canadien, « Psychomédia », un article en date du 7 avril 2008 est très important. Il se réfère à une étude récente menée par l'équipe de recherche dirigée par Dr. Lee Berk de l'université Loma Linda en Californie et présentée à la rencontre annuelle de la « American Physiological Society ».

Il s’avèrerait que le rire diminue les hormones du stress. Cela vient apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que le plaisir diminue la toxicité du stress.

Dans ce cas, on peut aller jusqu’à penser que le plaisir inhérent à un management de grande qualité ou à un engagement perçu comme essentiel, est en mesure de diminuer la toxicité du stress.

« L'anticipation du rire réduit aussi la libération de trois hormones de stress potentiellement dommageables : les niveaux de cortisol (appelé hormone du stress) et d'adrénaline (ou épinéphrine) étaient réduits de 39% et 70% comparativement aux participants du groupe contrôle qui n'anticipaient pas de visionner un vidéo d'humour. Une diminution progressive des niveaux de ces hormones était constatée durant le visionnement ».

« Des niveaux chroniquement élevés de l'hormone de stress peuvent affaiblir le système immunitaire. Un bienfait du rire pour la santé peut ainsi être d'aider à prévenir les effets du stress chronique sur l'organisme ».

Un article paru le 28 août 2008, sur le site Internet du « Center for the advancement of health » aborde une étude du Professeur Siahpush, professeur de promotion de la santé à l’Université de Nebraska (U.S.A.).

Cette étude, parue dans la revue de Septembre - Octobre de l’American Journal of Health Promotion, montre l’influence indiscutable du bonheur et de la satisfaction de la vie sur la santé !

Cette étude a été réalisée auprès de 10000 australiens et l’on s’est aperçu que les personnes qui se déclaraient très heureuses et globalement satisfaites de leur vie en 2001 étaient celles qui étaient en meilleure santé en 2004.

Les gens satisfaits de leur vie en 2001 étaient 1,6 fois plus nombreux à être en excellente, très bonne ou bonne santé en 2004.

Ces résultats sont d’autant plus intéressants qu’ils sont indépendants d’autres facteurs pouvant influer sur la santé : l’âge, le tabagisme, la pratique du sport ou la consommation d’alcool.

Nous avons trouvé des preuves solides que le bonheur et la satisfaction de la vie ont un effet sur nos indicateurs de la santé” a déclaré le Professeur Siahpush.

“Il y a des indications qui montrent que si vous devenez plus heureux et satisfait de votre vie, vous avez tendance à devenir plus sain ainsi» affirme le Professeur Siahpush.

Voilà une nouvelle preuve de la nécessité de cultiver le plaisir à tout niveau, y compris professionnel.

Conclusion : Motivation et philosophie

Les travaux d’Alice Miller montrent, notamment dans « Le drame de l’enfant doué », comment un enfant trop soumis aux désirs de ses parents par crainte de perdre leur amour peut sombrer dans l’angoisse et l’ennui car il n’est plus conscient de son vrai désir. Or, c’est le vrai désir qui est source de motivation. Et s’il n’y a pas motivation, il y a angoisse et ennui.

Si l’on repense à un philosophe comme Spinoza, dans la notion de conatus (le désir de chacun de persévérer dans son être), on retrouve cette projection dans l’avenir dans une éthique de bonheur.

Chez Spinoza, tout ce qui va augmenter notre conatus, va provoquer de la joie. Inversement, tout ce qui va le diminuer va générer de la tristesse.

Là encore, on voit bien que tout ce qui va augmenter la motivation de l’individu sera source de joie.

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