About

Les Secrets de l'attraction

Traitement de la dépression 2011

La maladie dépressive se soigne comme d’autres maladies. Mais à la différence d’autres pathologies, les traitements sont récents et illustrent les progrès de la recherche dans la seconde moitié du XXe siècle. Les antidépresseurs constituent un des meilleurs exemples des avancées scientifiques récentes au bénéfice des patients en psychiatrie.
Cependant, cette classe pharmacologique reste très hétérogène tant au niveau des mécanismes d’action qu’au niveau des effets indésirables ; le choix et la différentiation entre les produits d’une même famille restent toujours difficiles.

Les antidépresseurs
relèvent l’humeur des patients en agissant sur différents types de neurones et sur leurs neurotransmetteurs, comme la sérotonine et la norépinéphrine, qui stimulent l’activité du cerveau. Deux neurotransmetteurs semblent jouer un rôle majeur en matière de dépression : la noradrénaline et la sérotonine. Les antidépresseurs actuels agissent en rétablissant un taux normal de neurotransmetteurs dans les synapses. Ils agissent donc en corrigeant les perturbations biochimiques existantes.
Actuellement, les recherches portent sur le génome entier, en y incluant les gènes intervenant dans le métabolisme des médicaments.
En matière d’antidépresseurs, on ne parle d’efficacité qu’au-delà de 2 à 6 semaines de traitement, durée nécessaire pour rétablir l’humeur du patient. Néanmoins, l’efficacité des traitements est variable suivant les personnes ; seule les 2/3 perçoivent une amélioration. Dans ce cas, difficile pour les médecins de savoir quel type de traitements sera bénéfique ou non. Sauf que depuis peu, et grâce au développement de la pharmacogénétique, on sait que l’efficacité variable des ISRS s’explique génétiquement, et peut être déterminée à l’avance par une analyse génétique.
À côté du volet pharmaco-thérapeutique du traitement de la dépression, la psychothérapie a démontré de grands apports principalement en la combinant à une bonne observance thérapeutique.

TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX
La prescription d’antidépresseurs vise à corriger le déséquilibre de certaines substances chimiques présentes dans le cerveau, les neurotransmetteurs. En général, ces médicaments n’ont aucun effet stimulant sur les personnes ne souffrant pas de dépression. Dans le traitement des troubles liés à la dépression, on utilise différent types d’antidépresseurs, comme les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), les antidépresseurs tricycliques, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine (IRSNA). Ces deux dernières sous classes sont généralement plus utilisées actuellement du fait de leur bonne tolérance par rapport aux autres classes plus anciennes, cependant les imipraminiques demeurent toujours de référence lors d’échec des ISRS ou des atypiques en dépit d’un nombre d’effets indésirables.
Différents sous classes d’antidépresseurs
Les antidépresseurs tricycliques
Ils ont été le traitement de première ligne pour la dépression à partir des années 60 jusqu’à la fin des années 80. Leur action est d’augmenter les niveaux de sérotonine, de noradrénaline et de dopamine.
Cette catégorie inclut l’imipramine (Tofranil) qui est le chef de fil, clomipramine (Anafranil), amitriptyline (Laroxyl)…

Les antidépresseurs inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO)
Ces antidépresseurs augmentent la concentration de neurotransmetteurs en inhibant les enzymes monoamines oxydases chargées de leur dégradation.
Ces antidépresseurs sont de deuxième intention vue le fait qu’ils peuvent engendrer des effets secondaires sévères imposant des instructions qui doivent être bien suivies. Des restrictions alimentaires sont nécessaires car des substances dans certains aliments et breuvages peuvent causer des interactions dangereuses. Par conséquent, ils ne sont prescrits que chez certaines personnes pour qui les antidépresseurs plus récents n’ont pas donné de bons résultats.

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS)
Ils ont été introduits au début des années 90. Leur action est d’augmenter la quantité de sérotonine disponible entre les cellules nerveuses. Le premier antidépresseur de cette classe a été le fluoxetine (Prozac) en 1988, la sertraline (Zoloft), le paroxetine (Deroxat)… font partie de cette classe.

Les antidépresseurs atypiques sont les plus nouveaux antidépresseurs.
Ils sont apparus vers la fin des années 90. Leur nom vient du fait qu’ils ont des mécanismes différents les uns des autres (recapture de différents neurotransmetteurs comme la sérotonine et la noradrénaline, etc.). La venlafaxine (Effexor), la mirtazapine (Remeron), le buspirone (Buspar) font partie de cette classe.
Modalités de prescription
L’objectif de la prescription d’un antidépresseur dans un épisode dépressif modéré ou sévère est la rémission des symptômes dépressifs et la disparition du retentissement sur le fonctionnement social, professionnel ou tout autre domaine important pour le patient.
Posologie : L’objectif est d’atteindre rapidement la posologie efficace.

Délai d’action : Le début de l’amélioration (1 à 3 semaines) est à différencier de l’obtention d’une réponse thérapeutique complète (2 à 8 semaines).
Attention : Il n’est pas démontré que :
- une classe d’antidépresseur ait un délai d’action plus court qu’une autre,
- l’administration d’emblée de doses élevées raccourcisse le délai d’action.
Durée et maintien du traitement
Le traitement d’un épisode dépressif comporte deux phases :
- la phase aiguë, dont l’objectif est la rémission des symptômes, est de 2 mois en moyenne (de 6 à 12 semaines) ;
- la phase de consolidation, dont l’objectif est de prévenir les rechutes, est de 4 à 12 mois en fonction des symptômes.
La durée totale du traitement d’un épisode se situe donc généralement entre 6 mois et un an.

Prévention des récidives
Un traitement prolongé au-delà d’un an peut être discuté afin de prévenir les récidives par exemple chez les patients ayant déjà présenté plusieurs épisodes dépressifs, mais n’ayant jamais présenté d’épisode maniaque ou hypomaniaque.

Conduite d’un arrêt de traitement
Des manifestations de sevrage ont été décrites avec les antidépresseurs impraminiques. Elles peuvent se manifester par une anxiété avec agitation et troubles digestifs, myalgies, céphalées ; par des troubles du sommeil ; un syndrome extrapyramidal ou akinésie, voir par une attaque de panique ou des idées délirantes avec réactions maniaques brèves.
Ainsi, la diminution de la posologie doit être progressive (grade de recommandation A = preuves scientifiques établies).

Cette mesure ne doit pas se limiter aux imipraminiques, mais doit s’appliquer à l’ensemble des antidépresseurs selon les dernières recommandations de l’ANAES.
L’arrêt du traitement sera toujours progressif et programmé avec le patient.
- Traitement <> 1 an : arrêt en quelques mois, en diminuant par exemple tous les mois d’1/4 de la dose journalière.

Mise en route du traitement
Avant toute prescription, il faut prendre en compte les contre-indications et les effets indésirables spécifiques du traitement envisagé ; la co-morbidité somatique (troubles cardiovasculaires, gastro-intestinaux, du sommeil, de l’appétit…) et/ou psychiatrique (anxiété, antécédents d’épisode maniaque ou hypomaniaque…) ; ainsi que le risque suicidaire du patient à traiter.
Il n’est pas recommandé d’associer systématiquement aux antidépresseurs des benzodiazépines, ou apparentés.

Suivi du patient
En l’absence de traitement antidépresseur, il est recommandé de réévaluer la situation à distance de l’évaluation initiale.
Après la mise en route du traitement antidépresseur, il est nécessaire de réévaluer le patient
- quelques jours après, afin d’évaluer la tolérance à court terme et le risque suicidaire ;
- au cours des deux premières semaines pour évaluer l’évolution clinique, la tolérance et l’observance et notamment dépister une aggravation possible de la symptomatologie dépressive ;
- à 4 semaines pour évaluer l’efficacité.
Le risque suicidaire doit être pris en compte tout au long du traitement, notamment chez le jeune adulte. La survenue de symptômes, tels que l’insomnie, l’irritabilité, l’anxiété, l’hyperactivité, la nervosité et a fortiori les idées suicidaires nécessite des consultations plus fréquentes.

Chez la personne âgée :
Un risque d’hyponatrémie est souvent majoré par la co-prescription avec un diurétique, d’hypotension orthostatique et de troubles de l’équilibre sont les complications les plus fréquentes chez la personne âgée entraînant un syndrome confusionnel ou des chutes.
Chez toute personne âgée sous antidépresseur, il est donc recommandé d’évaluer d’éventuels troubles de l’équilibre avant et après traitement, et de surveiller l’ionogramme et la pression artérielle.
Le risque d’interactions médicamenteuses est accru chez le sujet âgé traité par inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine ou par venlafaxine, avec notamment une augmentation de l’effet des anticoagulants oraux (AVK) et du risque hémorragique. Il est donc nécessaire de contrôler plus fréquemment l’INR et d’adapter éventuellement la posologie de l’anticoagulant oral.

En l’absence de réponse ou en cas de réponse partielle et/ou insuffisante à 4-6 semaines :
- réévaluer le diagnostic, l’observance et la possibilité d’interactions pharmacologiques ;
- si le diagnostic et l’observance sont corrects et en l’absence d’interaction pharmacologique : soit augmenter la dose dans la fourchette posologique indiquée par l’AMM ; soit changer de traitement, notamment en cas d’intolérance au traitement initial. Il sera alors préférable d’utiliser un antidépresseur d’une autre classe pharmacologique que celui prescrit initialement.
La résistance pharmacologique est définie par l’absence de réponse ou par une réponse partielle et/ou insuffisante après 2 traitements successifs par des antidépresseurs de classe pharmacologique différente administrés à dose et durée suffisantes. Dans ce cas, il est recommandé de demander un avis spécialisé.
Tous les traitements antidépresseurs sont susceptibles d’induire une inversion de l’humeur avec apparition d’une symptomatologie maniaque ou hypomaniaque. Dans ce cas, le traitement sera arrêté. La recherche d’antécédent d’épisode maniaque ou hypomaniaque est un préalable à toute prescription d’antidépresseur ; la prise en charge de ces patients relève d’un avis spécialisé.

Le syndrome de sevrage
Des symptômes sévères peuvent apparaître lors de l’arrêt d’un traitement antidépresseur.
Facteurs de risque : dose forte, durée prolongée, arrêt brutal du traitement, demi-vie courte du médicament.
Symptômes les plus habituels : anxiété, irritabilité, syndrome pseudo-grippal (rhinorrhée, myalgie, malaise, vomissement, diarrhée, frissons), cauchemars et insomnie récente, nausées, sensations vertigineuses.
Début d’apparition : dans les 4 jours suivants l’arrêt, rarement au-delà d’une semaine.
Durée : une semaine en moyenne (peut être plus longue pour certains antidépresseurs).
Conduite à tenir :
- rassurer le patient sur le caractère transitoire de ses symptômes,
- revenir temporairement, si nécessaire, à la dose précédente d’antidépresseur,
- assurer un sevrage encore plus progressif.

Information du patient
Il est souhaitable d’informer les patients afin d’améliorer leurs connaissances sur la dépression et sur les propriétés du traitement antidépresseur. L’information doit porter sur :
- la manière et le moment de prendre les médicaments,
- le délai avant l’apparition des effets positifs du traitement,
- la nécessité de poursuivre le traitement même après l’amélioration clinique,
- les effets indésirables les plus fréquents du traitement,
- les possibilités de contact avec le médecin prescripteur en cas de question ou de problème (aggravation, survenue d’idées suicidaires),
- la nécessité d’un avis médical pour l’arrêt du traitement ou l’introduction d’un autre médicament pendant le traitement.
Il faut insister sur le fait que l’effet n’est pas immédiat et qu’une amélioration ne doit pas entraîner l’arrêt du traitement sans avis médical.
Il est recommandé de prévenir le patient du risque de rechute et de lui apprendre à repérer les signes de dépression.

Psychothérapie
Quelques patients avec des formes de dépression peu sévère peuvent s’en sortir avec la seule psychothérapie. Les patients atteints d’une dépression grave ou sévère tirent en général le meilleur bénéfice de l’association d’antidépresseurs et d’une forme de psychothérapie. Lorsque l’on utilise un traitement médicamenteux pour contrôler les symptômes et la psychothérapie pour travailler la meilleure façon d’aborder les problèmes de la vie, le taux de réussite est supérieur à 80 %.
La psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) soutient le patient en lui permettant de reconnaître ses propres schémas de pensées et de comportements négatifs et de les remplacer par des schémas positifs. La psychothérapie cognitivo-comportementale peut agir rapidement et de façon significative sur le quotidien d’une personne dépressive et ouvrir des perspectives pour l’avenir.
La Psychothérapie interpersonnelle (IPT) se concentre sur le traitement des relations sociales et personnelles perturbées qui ont pu contribuer à une dépression.
La Thérapie psychodynamique aide les patients à se regarder en face et à découvrir et à comprendre les conflits émotionnels qui ont pu contribuer à la dépression. Comme la cause de la dépression pourrait se trouver dans des problèmes d’enfance non résolus, le traitement du problème peut prendre un certain temps avec ce type de thérapie.

Electroconvulsivothérapie
En cas de dépression sévère qui met en jeu la vie du patient, ou lorsqu’un patient ne peut prendre aucun médicament, l’électroconvulsivothérapie peut parfois être efficace. Ces dernières années, l’électroconvulsivothérapie a été nettement améliorée par rapport aux électrochocs brutaux du passé. D’abord, on administre un myorelaxant léger sous anesthésie légère, les électrodes sont ensuite placées précisément sur la tête, puis le flux électrique est transmis. Une brève convulsion d’environ 30 secondes est ainsi provoquée dans le cerveau. Pendant toute la durée de la procédure, le patient est sous sédatif et il ne ressent aucune douleur. En général, le traitement doit être effectué trois fois par semaine pour être pleinement efficace. Des effets indésirables, comme une perte passagère de la mémoire, sont possibles. C’est pourquoi la décision de procéder à une électroconvulsivothérapie doit être mûrement réfléchie.

Recommandation et références pour la prescription des antidépresseurs
• La prescription d’un médicament antidépresseur doit reposer sur une évaluation clinique soigneuse afin de distinguer les pathologies dépressives caractérisées nécessitant un traitement spécifique et les symptômes dépressifs isolés, souvent transitoires, qui ne justifient pas obligatoirement une mesure thérapeutique médicamenteuse.
• Les antidépresseurs sont indiqués dans les épisodes dépressifs majeurs, c’est-à-dire caractérisés par l’acuité et la multiplicité des symptômes, leur durée et leur caractère invalidant.
• Un traitement antidépresseur ne doit pas être changé pour cause d’inefficacité avant une durée de prescription de deux à trois semaines à posologie dite efficace (sauf en cas d’aggravation).
• Un traitement antidépresseur ne doit pas être interrompu dès la disparition des symptômes dépressifs. Il est démontré que la poursuite du traitement pendant quatre à six mois (traitement de consolidation) réduit le risque de rechute.
• Un traitement antidépresseur doit être interrompu progressivement afin de prévenir tout risque de réactions de sevrage.
• Le traitement prophylactique des récidives (traitement au long cours sur plusieurs années) est justifié chez des patients qui ont eu au moins deux ou trois épisodes dépressifs.
• La voie intraveineuse est réservée à l’usage hospitalier.
• Chez le sujet de plus de 70 ans, la posologie initiale recommandée pour la plupart des antidépresseurs est en moyenne de la moitié de celle préconisée chez l’adulte. La posologie devra être réévaluée régulièrement au cours du traitement.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Nos partenaires

Blogs / Annuaire de blogs --------------- Blog ----------------- -------------- Annuaire blog - Blog société -- -- --------
Top Blog
------- France blogsDictionnaire en ligne --- Booste le trafic de ton blog -- Sciences Santé-- Classement Top Blogs ---- Annuaire gratuit --- Annuaire Web France -- Annuaire FuN --- referencement ---
---
----
---


chercher sur kimino
Ajouter un site
---
---

Annuaire Cyberpole.fr

--- Bijoux Diamant -- Recherche avec Seek -- Annuaire Québec --