About

Les Secrets de l'attraction

Les troubles de l’humeur

Ainsi nommés à cause de l’implication d’affects persistants positifs ou négatifs d’intensité suffisamment intenses pour engendrer des comportements mal adaptés. La dépression se présente donc comme un désordre émotionnel lors duquel les émotions sont vécues de façon très intense alors que dans les désordres psychotiques, il s’agit de désordres reliés à la pensée. Il peut cependant arriver que l’intensité des émotions amène des désordres au niveau de la pensée.

Variété de dépression DSM IV

* Trouble de l’humeur d’origine organique

* Dépression majeure

* Dépression bi polaire

* Dysthymie

* Cyclothymie

* Désordre d’ajustement avec humeur dépressive

Troubles et désordres de l’humeur : importance d’un continuum

1. « La dépression normale »

La tristesse, le découragement, le pessimisme et une sensation d’incapacité d’améliorer sa condition sont des états familiers pour ceux qui sont atteints de troubles de l’humeur. Il peut cependant arriver que ces états ne soient que passagers et qu’ils permettent de remettre la personne en question et de découvrir des solutions plus adaptées pour son avenir. On peut alors parles de « dépression normale ». Tel est le cas lors d’évènements particulièrement douloureux comme la perte d’un être aimée par exemple (décès, séparation divorce). Perte qui semble plus difficile à gérer pour les hommes que pour les femmes (Stroebe & Stroebe, 1983). Un processus de deuil implique une période dépressive, période lors de laquelle l’individu se désinvesti du monde extérieur jusqu’au moment il réintègrera l’autre en lui-même et pourra ainsi se réinvestir dans le monde extérieur.

La dépression post-partum, ainsi que le sentiment de dépression vécus par certains à la fin d’un processus créatif se retrouve dans ce type de dépression.

On note également des sentiments dépressifs chez les étudiants autant masculins que féminins. Trois variables semblent être responsables de ces sentiments (D’Affliti & Quinlan, 1976)

* La dépendance : besoin de support affectif

* Auto-critique : exagération de sa responsabilité

* Sentiment d’être inefficace


  1. « La dépression modérée »

Le DSM-III-R présente trois type de dépression dans cette catégorie : La Cyclothymie, la Dysthymie et le Désordre d’ajustement avec humeur dépressive.

* La Cyclothymie : il semble que ce type de dépression ne serait en fait qu’une dépression bipolaire à un niveau moindre. Les symptômes de la phase dépressive sont semblables à ceux des bipolaires tels : irrégularités du sommeil, baisse de productivité, d’estime de soi, perte d’énergie, diminution de l’efficacité, retrait social, baisse de libido, sentiment d’impuissance. Nous nous retrouvons ici en face d’une perte d’intérêts face aux activités qui nous étaient autrefois plaisantes. La contrepartie, l’hypomanie, (manie à un degré moindre) consiste essentiellement à l’opposée des symptômes de la phase dépressive. Le diagnostic implique que cet état dure au moins un an chez les adolescents et 2 ans chez les adultes. Bref, la Cylothime est un trouble de l’humeur qui se manifeste par des fluctuations extrêmes des humeurs engendrant des comportements mésadaptés mais d’intensités moindres que les troubles bipolaires.

* Dysthymie : les symptômes de la dysthymie sont semblables à ceux de la Cyclothymie en phase dépressive. Il semble qu’aucun évènement particulier ne soir responsable du déclanchement de ce trouble. Cet état dépressif peut être entre coupé par des périodes variant de quelques jours à quelques semaines de moment où l’humeur reprend son état normal.

* Désordre d’ajustement avec humeur dépressive : au niveau des symptômes, rien ne permet de distinguer ce genre de trouble avec celui de la Dysthymie et celui de la Cyclothymie en phase dépressive. Deux conditions permettent cependant la distinction : la durée ( six mois) et l’existence d’une cause précipitante trois mois avant l’accès. Un stresseur quelconque serait responsable de désordre et empêcherait la personne de s’adapter aux demandes de l’environnement. Difficulté du diagnostic.

  1. « La dépression sévère »:

Le diagnostic de dépression sévère implique les mêmes symptômes que la dysthymie : insomnie, hypersomnie, fatigue, perte d’intérêt dans les activités plaisantes, difficultés de concentration, autocritique sévère et sentiment de culpabilité et tristesse mais de façon plus intense. On peut rajouter à ces symptômes la perte d’appétit, une perte de poids et la présence d’idées suicidaires et une diminution notable de l’activité physique et/ou intellectuelle.

Pour que le diagnostic soit posé, il faut qu’au moins cinq de ces symptômes soient présents tout au long de la journée et ceci sur une période d’au moins deux semaines consécutives

La dépression sévère comporte deux sous catégories :

* Dépression à simple épisode (moyenne de 4 mois)

* Dépression à épisodes multiples

La dépression sévère ne doit pas comporter d’épisode manie. On la nomme également dépression unipolaire alors que la dépression accompagnée de période de manies porte le nom de dépression bipolaire

* Dépression mélancolique (dépression endogène)

Dans ce type de dépression, il est difficile de mettre le doigt sur un évènement déclenchant. Le sujet ne peut s’en prendre qu’à lui ; il ne voit que lui-même comme source possible de sa souffrance : tout vient de lui tout est de sa faute. Le sujet ne se pose pas en victime mais en coupable.

* On peut mettre souvent en évidence de antécédents personnels ou familiaux d’épisodes maniaques ou mélancoliques.

* Le caractère massif de l’inhibition, du ralentissement psychomoteur est tout à fait remarquable.

* L’humeur triste, la douleur morale ne sont absolument pas influencés par l’attitude de l’entourage. Les modifications de l’environnement le changement d’attitude des proches restent sans influence sur la dépression mélancolique.

* La conduite suicidaire est habituellement gravissime et n’est en aucun cas la valeur d’un chantage, d’une manipulation ou d’un appel au secours. Le mélancolique ne communique plus avec autrui. IL est enfermé dans un monde de catastrophe.

* Les troubles somatiques sont en général des conséquences du ralentissement et de l’anorexie.

* La chimiothérapie a souvent des effets spectaculaires

L’aggravation des symptômes dans ce type de dépression en début de journée est une notion classique : l’angoisse est intense devant la journée qui commence. Les syptômes s’atténuent quelque peu au cours de la journée.

* Dépression psychogène (névrotique)

La dépression est habituellement compréhensible, liée à un événement récent ou à une situation psychologique conflictuelle. Le sujet se sent isolé, abandonné; bien souvent ce qui lui arrive est selon lui de la faute des autres et il a tendance à se poser en victime, bien plus qu'en coupable, ce qui est évidemment fort différent de la problématique mélancolique.

* L'anxiété est souvent manifeste; les manifestations somatiques sont fréquentes (sensation de boule dans la gorge, palpitations, étouffements, vertiges), ainsi que les craintes concernant l'avenir, qui n'est cependant pas l'avenir bouché et sans espoir du mélancolique.

* L'inhibition s'exprime surtout en termes de fatigue, de lassitude, d'impuissance à assumer les tâches quotidiennes. Il n'y a cependant pas le grand ralentissement psychique et moteur de la mélancolie. La mobilité expressive est bien différente de la mimique figée du mélancolique. Ce qui signifie que l'élément relationnel est conservé, à quelque degré que ce soit.

* Les conduites suicidaires sont très fréquentes et constituent dans un grand nombre de cas le motif de l'hospitalisation. Ce geste suicidaire a souvent la valeur d'un appel au secours, d'un essai de mobilisation de l'entourage. La tentative de suicide a rarement le caractère définitif et atroce que lui donne le mélancolique qui procède à une véritable mise à mort de sa propre personne: on peut parler là d'un meurtre de soi-même. Mais il ne faut cependant pas sous- estimer la gravité du geste suicidaire, sous prétexte qu'il est impulsif, mal préparé, peu grave dans ses conséquences ou qu'il a la valeur d'une manipulation de l'entourage. Une tentative de suicide doit toujours être prise au sérieux.

* Les troubles somatiques sont à peu près constants: oppression, céphalées, vertiges, troubles du sommeil, troubles de l'appétit, troubles sexuels, symptômes de conversion somatique, pouvant avoir la valeur de véritables équivalents dépressifs (surtout dans certaines cultures).

* Ce qui est tout à fait remarquable c'est la sensibilité, la réactivité au milieu environnant. Ces patients sont particulièrement accessibles à la dimension relationnelle. L'attitude, gratifiante ou frustrante, de l'entourage familial ou hospitalier peut transformer radicalement, parfois d'un jour à l'autre, l'humeur et le comportement de tels patients.

Décès, rupture, échec, abandon, difficultés parfois minimes aux yeux de l'observateur, mais posant au sujet le problème de la perte d'estime de soi, sont susceptibles d'entraîner chez le névrosé, chez l'hystérique en particulier, avec une facilité et une fréquence remarquables, des modifications de l'humeur et de l'activité souvent accompagnées de manifestations somatiques.

L'apparition de cet « état pathologique de souffrance psychique » (Nacht et Racarnier), où domine la perte du sentiment de valeur personnelle, est liée à la« rupture d'un lien étroit et mutuel d'amour », la perte d'amour représentant la situation dépressive fondamentale.

La perte de l’estime de soi, en rapport avec la diminution ou la cessation d’apports extérieurs valorisants, est une dimension fondamentale de la dépression névrotique ; la moindre gratification amène parfois une amélioration spectaculaire, qu’une déception à peine perceptible pour l’observateur anéantit avec la même rapidité : ceci est la caractéristique de la dépression chez l’hystérique.

* Dépression masquée

  1. La psychose maniaco-dépressive

La psychose maniaco-dépressive (PMD) pourrait être classée dans les psychoses dites fonctionnelles. La plupart des auteurs l'étudient aujourd'hui dans le cadre des «troubles de l'humeur ». Elle se caractérise par la survenue de perturbations cycliques de 1 ' humeur sous forme d'accès maniaques: ou d'accès mélancoliques; le caractère saisonnier de l'affection avait déjà été souligné par les médecins de l'Antiquité; les accès, en effet, sont observés avec une fréquence particulière au printemps et en automne. Entre les accès, éloignés de plusieurs mois ou de plusieurs années, le sujet retrouve son état psychique habituel. Cette psychose de l'adulte débute entre 25 et 50 ans.

L’aspect familial a depuis longtemps été évoqué à propos de la psychose maniaco-dépressive. Déjà pour les classiques, la psychose maniacodépressive était considérée comme une affection de type endogène, ce qui implique que le rôle accordé à l'hérédité, aux facteurs biologiques, était considérable. La notion d'endogénéité met l'accent sur le rôle de la constitution, de la prédisposition.

Le risque de survenue dans la population générale varie suivant les enquêtes entre 0,6 % et 1,6 %. Dans les familles de maniaco-dépressifs le risque est beaucoup plus élevé: 15 à 25 % (pour les collatéraux et les parents du premier degré).

L'accès maniaque

L'accès maniaque est un état de surexcitation de toutes les fonctions psychiques avec exaltation de l'humeur, qui est euphorique. Le premier accès peut survenir entre 20 et 50 ans.

Étude clinique

Le début est parfois progressif, plus souvent brutal. Le malade ressent une brusque transformation, se sent envahi par un sentiment d'euphorie, de bien- être, de facilité; tout est possible, tout est merveilleux. Il éprouve un besoin incessant, irrésistible d'activité et de mouvement, ne dort que quelques heures par nuit et bien souvent l'insomnie est totale.

Les propos sont de plus en plus abondants et rapides; les projets sont grandioses, les démarches tapageuses, les dépenses inconsidérées. Scandale sur la voie publique, tapage nocturne, outrage à la pudeur peuvent marquer le début de l'accès.

A la période d'état, un tableau typique est réalisé; sont alors remarquables la présentation, les troubles de l'idéation, l'exaltation de l'humeur, les trou- bles de l'activité et les manifestations somatiques.

1. La présentation. L'aspect de malade permet dans bien des cas de faire ou en tout cas d'évoquer immédiatement le diagnostic. La tenue est extravagante ou débraillée, provocante voire indécente, chez un patient au visage animé, enjoué ou furieux qui parle sans arrêt, chante, déclame, gesticule, vide les armoires, change les meubles de place, interpelle le premier venu avec une abrupte familiarité, parfois mêlée d'une ironie percutante.

2. Les troubles de l'idéation. On observe une accélération de tous les processus psychiques:

a) Accélération des représentations mentales: une idée, une image, aussitôt évoquées disparaissent du champ de la conscience immédiatement remplacées par d'autres: on parle de la kaléidoscope des contenus de la conscience.

b) Caractère rapide et superficiel de l'association des idées qui s'établit par des liens verbaux fragiles et automatiques: rimes, assonances, jeux de mots...

c) Eparpillement de l'attention spontanée, réagissant à toutes les sollicitations extérieures. L'attention volontaire est pratiquement impossible.

d) L'orientation reste habituellement correcte, mais est de peu de valeur aux yeux de ce sujet qui ne se soucie guère des coordonnées temporo-spatiales ou les plie à sa fantaisie.

e) Exaltation de la mémoire: hypermnésie, grand luxe de détails, alors que la fixation des souvenirs pendant l'accès est particulièrement déficitaire.

t) Exaltation de l'imagination. On peut observer des productions imaginatives pseudo-délirantes auxquelles le malade ne croit pas sérieusement. Il peut exister cependant des idées délirantes vraies (thèmes de jalousie, de persécution, de grandeur...) ; on parle alors de manie délirante.

g) Le langage parlé et écrit reflète la désorganisation de la pensée du maniaque: rapidité, prolixité, véritable flux verbal, manque de liaison entre les idées, coq-à-l'âne, jeux de mots, onomatopées.

Au total, la fuite des idées est le symptôme principal de cette excitation psychique. Il résume à lui seul tous les autres symptômes; il traduit bien la «volatilité » maniaque; il est l'expression d'une extraordinaire exaltation de l'être psychique.

3. L'exaltation de l'humeur

a) Expansivité et hyperthymie caractérisent l'état affectif du maniaque. Euphorie et optimisme semblent décupler les forces de ce sujet qui se sent merveilleusement bien dans sa peau, heureux, infatigable, entreprenant, invincible, « superman »...

b) Mais l'instabilité affective est un trait spécifique de l'humeur maniaque, et avec une étonnante labilité le malade passe du rire aux larmes ou de l'humeur taquine aux imprécations; il peut même devenir violent et agressif.

c) Cette formidable« libération », ce déchaînement s'expriment aussi dans le domaine sexuel, par les propos grivois ou franchement obscènes, ou par les attitudes séductrices ou franchement entreprenantes: tout est permis, tout est possible, toutes les barrières tombent devant cette véritable mégalomanie qui s'exprime aussi dans des dépenses invraisemblables.

4. Les troubles de l'activité. Le maniaque éprouve un besoin impérieux d'activité. Et de fait son activité est incessante, désordonnée; il gesticule, rie, chante, danse...

Dans cette hyperactivité psychomotrice, le trait dominant est la tonalité ludique, s'exprimant de façon saisissante dans des imitations. Les éléments du monde extérieur sont intégrés dans cette activité ludique, car le maniaque, non seulement adhère parfaitement à la réalité extérieure mais il présente une syntonie remarquable, qui peut avoir des répercussions spectaculaires sur l'ambiance et le comportement de l'entourage. Il plaisante, vous tutoie, vous interpelle, fait des farces, se déguise, fait la visite avec les médecins, qui s'enquiert de la santé des soignés et des soignants. Cette exaltation aboutit le plus souvent à des réactions tapageuses ou scandaleuses qu'à des actes dangereux médico-légaux.Un tel bouleversement de l'existence ne manque pas d'avoir des répercussions organiques.

5. Les manifestations organiques

a) Les troubles du sommeil sont massifs et caractéristiques: le besoin de sommeil disparaît presque totalement sans entraîner de fatigue. En dépit de cette insomnie constante, précoce, rebelle aux hypnotiques habituels, la résistance physique du maniaque semble augmentée.

b) La faim et la soif sont excessives, mais l'amaigrissement est habituel; il peut atteindre 10, 15,20 kg en un mois ou deux. Toutes les sécrétions sont augmentées: sueurs abondantes, hyper salivation. La tachycardie (augmentation de la fréquence cardiaque) est fréquente.

Évolution

L'évolution spontanée vers la guérison en deux à six mois est une caractéristique de cette maladie depuis longtemps observée. Pinel, a insisté sur ce trait pour appuyer sa démonstration de la curabilité de la folie. On peut voir des accès plus courts, durant quelques semaines, ou au contraire des accès plus prolongés. Sous traitement, la durée moyenne est de un à deux mois. Un accès maniaque peut survenir très peu de temps après, voire au décours d'un épisode mélancolique. Certains patients passent pratiquement sans transition d'un état maniaque à un état mélancolique (renversement brusque de l'humeur).


L'accès mélancolique

L'accès mélancolique s'oppose presque point par point à l'accès maniaque. C'est un état de dépression intense, marqué par le ralentissement et l'inhibition des fonctions psychologiques et psychomotrices, et une intense douleur morale.

Jusqu'au début du XIXe siècle, le terme n'était pas spécifique: on appelait mélancoliques bon nombre de malades de toutes sortes. Depuis le milieu du XIXe siècle les états mélancoliques sont intégrés dans la psychose maniaco-dépressive.

Étude clinique

La mélancolie est plus fréquente chez la femme, particulièrement durant la période d'involution. Le premier accès débuterait un peu plus tard que l'accès maniaque (vers 35-50 ans).

Il est généralement difficile de mettre en évidence des facteurs déclenchants. Le début est habituellement progressif, pouvant même s'étaler sur plusieurs semaines; il est marqué par la tristesse, une asthénie, une difficulté à travailler, une insomnie, une indécision croissantes.

A la période d'état, un tableau typique est réalisé; sont alors remarquables la présentation, l'inhibition et le ralentissement psychomoteurs, les sentiments dépressifs, le risque de suicide, les troubles organiques.

1. La présentation. L'aspect du malade est caractéristique: il est assis, immobile, figé. On est frappé par ce visage aux traits tombants, véritable masque de tristesse au front plissé (oméga mélancolique), au regard fixe. Le mélancolique ne parle pas ou peu; il gémit ou pleure.

2. L'inhibition et le ralentissement. On observe une véritable inertie motrice chez ce malade qui ne se lève plus, ne se lave plus, n'a plus même la force de s'habiller. L'inhibition psychique est faite d'un ralentissement de l'idéation, les associations sont difficiles, l'effort mental soutenu est impossible tandis que l'attention, loin d'être dispersée et labile, se concentre sur les thèmes mélancoliques. Le malade est comme bloqué, figé, souvent mutique ou : semi-mutique, ruminant sans cesse des thèmes de mort et de culpabilité.

3. Les sentiments dépressifs. Le malade a perdu le goût de vivre; il est véritablement muré dans une tristesse profonde, permanente, indépendante des 5 circonstances extérieures: on ne peut rien pour le mélancolique, rien ne peut le réconforter. La douleur morale, intense, accablante, envahit le champ de la conscience.

Le mélancolique éprouve un malaise vague, diffus, pesant, difficile à exprimer. Il est accablé par un sentiment d'impuissance, se sentant diminué, incapable de décider, impuissant à réagir. Ce sentiment d'incapacité le submerge. Il s'accuse de fautes anciennes, minimes, auxquelles il donne une importance et une signification monstrueuses (je suis un monstre, un être immonde, une souillure, un moins que rien...), se tient pour responsable de sa maladie (je manque de volonté...) qu'il juge incurable. Il se reproche de ne pouvoir aimer ses proches (sentiment d'anesthésie affective), se juge indigne d'en être aimé. Il se croit ruiné; l'avenir est bouché, le temps est figé.

La culpabilité intense est le sentiment qui domine dans ce grand tableau de douleur morale: le malade se sent pourri, souillé, pestiféré et ceci, dit-il, est justifié par le mal qu'il a commis. Aucun châtiment d'ailleurs, ne saurait être à la mesure de sa faute. Ici éclate le masochisme, si caractéristique de la mélancolie.

Soulignons la valeur diagnostique de la douleur morale, du sentiment d'incapacité, des auto-accusations, des idées de ruine, d'indignité, d'incurabilité, de culpabilité, d'anesthésie affective.

Aucun changement ne peut être envisagé; la mort est pour lui la seule issue. En effet, dans l'attitude, le comportement, ce qui domine, ce n'est pas l'activité ludique comme dans la manie, c'est le désir et la recherche active de la mort.

4. Le désir de mort et la recherche de la mort. On peut dire que la possibilité du suicide met tout mélancolique en danger de mort. Car le risque suicidaire est constant, tout au long de l'accès mélancolique. Le refus d'aliments en est une expression permanente, lancinante: le malade dit clairement qu'il veut se laisser mourir.

L'idée de l'acte suicidaire lui-même est obsédante, la mort est la seule solution; pour le mélancolique, ce châtiment, nécessaire, n'est pourtant pas suffisant: il appelle sur lui comme une juste sentence la damnation éternelle.

La tentative de suicide est souvent soigneusement, méticuleusement préparée. Mais il peut s'agir aussi d'une brusque impulsion, d'un raptus suicidaire, ou encore d'un suicide collectif: une mère qui ouvre le gaz et calfeutre portes et fenêtres pour mourir avec toute sa famille car elle veut payer ses fautes, ou soustraire les siens à un monde de catastrophe et d'horreur.

5. Les troubles organiques:

a) L'insomnie est constante, rebelle, pénible; c'est une insomnie de la fin de la nuit: le malade se réveille avec l'angoisse de la journée à vivre.

b) On observe un ralentissement de toutes les fonctions, en particulier digestives. Anorexie et constipation sont habituelles. La frilosité est fréquente; une bradycardie est classiquement décrite (ralentissement du rythme cardiaque).

L'amaigrissement peut être important, en rapport avec le refus de s'alimenter.

Évolution

Spontanément l'accès mélancolique dure plusieurs mois. Le traitement permet parfois une amélioration spectaculaire en quelques jours. Dans d'autres cas, même sous traitement, l'accès dure plusieurs semaines.

Il importe de savoir que le risque suicidaire est particulièrement élevé au cours de la phase d'amélioration, lorsque le patient a suffisamment récupéré ses moyens pour passer à l'acte. L'inhibition est levée alors que la problématique suicidaire reste active.

Aspect psychanalytique : Deuil et mélancolie (1915) Mélanie Klein position dépressive

Facteurs biologiques :

1. Prédispositions héréditaires : davantage présents dans les troubles bipolaires. Huit fois plus de chance d’occurrence dans le cas unipolaire. Chromosome 11

2. Facteurs biochimiques : problème de norépinephrine et de sérotonine

3. Facteurs endocriniens : cycle circadien

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Nos partenaires

Blogs / Annuaire de blogs --------------- Blog ----------------- -------------- Annuaire blog - Blog société -- -- --------
Top Blog
------- France blogsDictionnaire en ligne --- Booste le trafic de ton blog -- Sciences Santé-- Classement Top Blogs ---- Annuaire gratuit --- Annuaire Web France -- Annuaire FuN --- referencement ---
---
----
---


chercher sur kimino
Ajouter un site
---
---

Annuaire Cyberpole.fr

--- Bijoux Diamant -- Recherche avec Seek -- Annuaire Québec --